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Message du 28 janvier 2012

Voici le message que je viens de recevoir d’un jeune et nouvel élève qui travaille avec moi depuis 2 mois seulement, dont le contenu sans langue de bois me fait on ne peut plus plaisir.

Je tiens à signaler, pour abonder dans le sens de son texte, que ce jeune homme a été classé basse auparavant (on le faisait chanter l’air de « La Somnambule », « Vi raviso… » ALORS QU’IL EST TENOR !!! Il a eu beaucoup de chance de ne pas voir sa voix « cassée » !

Je le cite :

« Cher Maestro,

La technique italienne est tout ce dont j’ai toujours rêvé, sans la trouver, durant les 4 années passées au Conservatoire, dans des choeurs associatifs, des cours particuliers avec des charlatans incompétents.

Quelle en était la méthode ? C’était la grande question à laquelle j’espérais trouver la réponse à la fin de chaque cours !

Comment des artistes comme Pavarotti, Domingo, Corelli avaient-ils appris le chant ?

On me disait de manière simpliste que ces grands de l’Art Lyrique étaient des êtres surhumains. Cela constituait-il une expliication suffisante ?

Comment pouvait-on atteindre une telle clarté, une telle puissance, une telle virtuosité avec de telles notes aigues et un tel relief dans la voix ?

J’ai cherché la réponse partout : dans le forçage, la force physique, l’affectation des voyelles, l’aveuglement de la musicalité avant tout si chère aux conservatoires incapables de former des chanteurs, même dans l’agilité vocale de Rossini et le travail respiratoire, avec comme seuls résultats une voix toujours plus abimée…

Tôt ou tard, si je n’avais pas eu la chance de vous rencontrer, j’aurais été contraint à l’arrêt définitif du chant.

C’est pourquoi je remercie Madame Sabine Steffan de m’avoir permis de vous rencontrer, Monsieur Yaeche.

Seul cet enseignement de la technique italienne rejoint mes convictions, devant la mièvrerie insupportable du chant enseigné dans les conservatoires : une incompétence totale qu’il est trop facile de dissimuler sous des absurdités telles que : « vous chantez trop fort, vous avez une belle voix et vous devriez alléger »…!!!

En France les ténors légers dits « Mozartiens », expression synonyme de maniérisme et d’affectation totalement ridicules, les « barytons-basses », invention utilisée par les professeurs français pour faire chanter aux mêmes élèves leurs deux répertoires exclusifs : les opéras de Mozart et les mélodies de Fauré, et pire que tout les fameux « barytons martin » qui ne sont rien d’autre que des ténors sans aigus, à l’instar d’un violon dont il manquerait la corde de mi, tous ces chanteurs sont rois !

A l’inverse, les ténors dramatiques, spinto, lyriques, les barytons, les basses, les sopranos dramatiques ou lyriques sont condamnés à ne jamais apprendre cette technique indispensable au placement et à la formation de la voix, simplement parce qu’il n’y a personne pour les enseigner à l’exception de Roger Yaeche.

Tout cela parce qu’il n’y a aucune tradition de la technique italienne en France.

Mais heureusement pour la vie ds théâtres français, il existe en revanche une vraie tradition de suffisance et d’insuffisance à la fois, ce qui permet de faire tourner le commerce, donc de faire quelques heureux… Tant mieux !

Je me sens pour ma part très chanceux et fier d’avoir choisi la technique italienne et de pouvoir enfin l’apprendre avec vous, Monsieur Yaeche.

Votre élève

Guillaume

NB : Pour conclure, merci de bien vouloir écouter Placido Domingo dans le célèbre aria de l’opéra « Fedora » de Giordano, intitulé : « Amor ti vieta ». C’est la perfection absolue, en matière de technique (italienne bien sûr) que d’interprétation. Un exemple très didactique pour tous les élèves en chant. Un artiste sans exception aucune ! Cliquez sur le lien ci-dessous :

youtu.be/pCLWyv-mn8I