Archives pour la catégorie Editorial

Quel toupet !

Bonjour,

Je n’ai pas pour habitude de mâcher mes mots, ni de respecter la confraternité quand d’autres professeurs de chant prononcent les mots qui m’ont été rapportés bien souvent, et encore ce matin. Parlant à leurs élèves, je les cite :

« Vous savez, vous trouverez sur le web des professeurs qui vont vous vanter les soi-disant mérites de la technique italienne de chant. Or sachez que de nos jours c’est complètement désuet, de nos jours on ne chante plus comme cela !!!! »

Ou bien encore : « La Callas, vous savez, c’est fini, on ne chante plus comme elle de nos jours car c’est périmé….!!! »

Comme si les normes de toute musicalité avaient changé et comme si l’organisme humain avaient subi une soudaine mutation génétique ! A vrai dire, j’entendais déjà ces mêmes mots il y a 60 ans !

Tout cela parce que les « professeurs » en question ne connaissent pas leur métier en matière de placement et de développement de la voix, et que c’est trop fatiguant et contre leurs égos surdimensionnés que de faire l’effort d’apprendre et se perfectionner. Pensez vous : une de mes élèves actuelles, anciennement celle d’une prof bien connue dans ma ville, s’est faite « enguirlander » parce qu’elle « avait osé » acheter mon livre.

Pauvre France : voilà comment on trompe les élèves trop crédules, voilà pourquoi il n’y a plus ou presque plus de chanteurs de nos jours, car on ne sait pas les former. Ni même parait-il en Italie, le berceau de l’opéra, d’après ce que me disait en août dernier une stagiaire venant de Milan pour travailler avec moi. Avoir des airs de suffisance, un accent slave et faisant de grands moulinets avec les bras pendant un cours ne placeront jamais la voix d’un élève !

Merci.

Enseignement du chant

L’enseignement du chant lyrique et d’opéra, du moins pour celles et ceux qui veulent tenter leur chance et faire carrière, doit satisfaire à 2 exigences, à savoir :

1- Trouver un bon professeur

2- Etre soi-même un bon élève, motivé et appliqué

Détaillons tour à tour ces 2 points :

1- Un bon professeur :

- Il doit tout d’abord avoir été formé à l’enseignement c’est à dire, posséder une solide notion de l’anatomie des organes qui concourent à la création et le fonctionnement de l’instrument vocal et de la physiologie de cet ensemble. Afin de former un élève qui pourra exercer son métier au minimum 30 ans, en toute sérénité, sans aucun souci de santé ni de détérioration de « l’instrument voix » par un forçage quelconque de sa voix.

- Connaître parfaitement une excellente méthode de chant qui respecte la physiologie et les règles de toute saine musicalité. Tant au point de vue du fonctionnement de l’instrument voix, de la respiration car le larynx est un « instrument à vent », le tout sous le contrôle du cortex cérébral qui verra patiemment se créer des connexions appropriées.Seule la méthode italienne de chant répond à ces critères !

- Savoir enseigner, c’est à dire savoir expliquer à l’élève ce qui précède, lui demander de respecter les 3 temps obligatoires précédent l’attaque du son et ceux qui suivent ensuite, lui faire comprendre ce qui va et ce qui ne va pas dans l’émission des sons, savoir dire « stop » quand il est dans l’erreur, lui dire ce qu’il convient de faire pour que ce soit bien, à l’élève ensuite de mémoriser ce qui a permis au professeur de dire que maintenant c’est bien. Le tout s’appelle savoir placer la voix de l’élève, en fonction finalement, pour ce dernier, du « ressenti » et non de l’audition des sons qui varient d’un lieu à un autre. C’est simplement de la logique et du bon sens !

- Etre armé de patience, écouter attentivement l’élève, ne rien laisser passer et surveiller la mise en application des temps en question jusqu’à ce que tout devienne réflexe et automatique ! Je vous promets que c’est très prenant et fatiguant à la longue pour le professeur, surtout quand l’élève ne comprend pas ou n’applique pas ce qu’on lui demande, même en prenant tout le temps nécessaire. le professeur doit aussi être motivé quand il a devant lui un élève de qualité. Je parle de ses qualités intellectuelles, pas forcément vocales, chacun ayant le timbre que lui a donné le « Bon Dieu » à la naissance, ce qui ne devra pas l’empêcher de chanter s’il aime çà !

- Ne pas mentir à l’élève, ne pas le bercer d’illusions afin de le garder comme « client » !

2- Le bon élève :

- Il doit être conscient que s’il a choisi ce futur métier c’est parce que ce domaine lui plait et lui convient, tout comme on choisit d’aller dans une faculté plutôt qu’une autre.

- Etre intelligent, le plus cultivé possible car la qualité de l’interprétation et du jeu scénique sont aussi de plus en plus au premier plan de nos jours.

- Donc être motivé, car placer la voix et apprendre le répertoire demandent au minimum 3 ans, voire plus. Donc aimer travailler, avoir de la volonté, de la persévérance etc.

- Posséder l’aptitude indispensable, ne pas se décourager, prendre au minimum 3 cours par semaine, d’une heure au maximum, et non pas 50 minutes tous les 8 jours….! Combien le piano, le violon requièrent d’heures de travail ?

- Ne pas travailler seul chez soi au début, tant que l’on ne contrôle par l’émission des sons, sous peine de voir apparaître involontairement des défauts qu’il faudra corriger au cours de la leçon suivante.

Tout ce qui précède n’est pas bien entendu exhaustif. Nous voyons que le professeur et son élève forment une équipe, avec une grande confiance l’un envers l’autre. Il faudra aussi par la suite une certaine dose de chance, car on ne pourra jamais éliminer le facteur en question. Mais là on sort du sujet de cet éditorial.

Merci.

Une véritable plaie pour un chanteur

Bonjour,

Sur le plan médical, je crois utile de dire quelques mots sur ce problème qui handicape un chanteur : le Reflux Gastro oesophagien. Pathologie plus fréquente qu’on ne le croit.

De quoi s’agit-il ? Pour comprendre, il faut savoir qu’entre l’estomac et l’oesophage, il existe un « clapet » qui s’ouvre pour permettre au bol alimentaire d’entrer dans l’estomac, donc de haut en bas. En temps normal, cette ouverture n’est qu’à sens unique, et ne peut donc pas laisser la nourriture « remonter » de l’estomac vers l’oesophage.

Mais quand on sait que l’estomac est un milieu acide (un litre d’acide chlorhydrique sécrété chaque jour) et que l’oesophage n’aime pas du tout l’acidité, il devient aisé de comprendre pourquoi on ressent une brulure plus ou moins forte quand le reflux se produit. Cette brulure atteint facilement le fond de la gorge, allant justement jusqu’au larynx, et même les voies aériennes supérieures.

A la longue, il se produit dès lors une inflammation qui peut devenir chronique, rendant ainsi la voix enrouée, perdant timbre et brillant. Très handicapant en plus d’être douloureux.

Cela a tendance à se produire notamment chez les personnes obèses, qui ont une hernie hiatale, chez celles qui fument, boivent de l’alcool, mangent trop gras, boivent trop de café. C’est le cas de beaucoup de chanteurs qui aiment bien boire et manger…

Le remède consiste à diminuer, voire se passer des aliments ci-dessus, puis prendre certains médicaments réduisant la quantité d’acide et son intensité se trouvant dans l’estomac, les IPP inhibiteurs de la pompe à protons qui fabrique l’acidité, chaque matin, puis un quart d’heure après la fin des repas avaler un sachet d’une sorte de gelée formant comme un couvercle au dessus du bol alimentaire. Une excellente préparation se nomme le « Moxydar » qui empêche cette fameuse remontée acide. D’autres existent bien entendu comme le « Gaviscon ».

Si tout cela s’avère insuffisant, il conviendra de faire appel à la chirurgie qui supprimera la hernie, ou créer par l’opération une « valve anti reflux ».

La poursuite d’une carrière est souvent à ce prix !

Merci de me dire si ce genre d’articles a la faveur de certains d’entre vous et si cela peut rendre service. Je suis aussi médecin, alors profitons en et ne l’oublions pas.

Merci et amicalement.

Le « Prodige », en réalité !

Bonjour,

Je pense intéressant de revenir sur la notion du véritable « Prodige », sur ce qu’il est en réalité.

Un excellent auteur, Idris Aberkane, décrit fort bien dans son livre « Votre Cerveau« , page 28, ce qui m’amène à écrire cet éditorial. Je cite en résumant :

« Le véritable Prodige ne pratique pas parce qu’on le lui demande, mais parce qu’il adore ça. Léonard de Vinci disait que l’amour est la source de toute connaissance. En effet, le Prodige travaille par amour et non pour une note, pour un prix, pour une subvention. Il le fait pour lui, par désir inconditionnel de ce qu’il produit.

C’est ce qu’on appelle la pratique délibérée, s’opposant à la pratique conventionnelle (tous dans un même moule), essentielle pour comprendre la notion de génie. Ex : Nikola TESLA, le Léonard du XXe siècle, Steve JOBS et tant d’autres. »

« En résumé, nous pouvons tous être extraordinaires, mais l’excellence ne peut s’atteindre sans passion. L’amour est encore la manière la plus efficace de reproduire un geste physique ou mental des milliers de fois, d’acquérir des milliers d’heures de pratique pour une tâche qui semblerait une corvée à n’importe qui d’autre. » 

Retenons bien cela : « Je ne connais personne d’excellent qui ne soit pas aussi amoureux du domaine où il excelle. »

Tout ce qui précède s’applique à l’apprentissage du chant lyrique et d’opéra avec la technique traditionnelle italienne, méthode qui est l’excellence même à destination des chanteurs confirmés, ou des élèves qui désirent exceller dans le domaine qu’ils ont choisi.

Ce qui devrait nous obliger à réfléchir, vous ne croyez pas ? Il y aurait beaucoup à dire sur ce texte, mais ce faisant je sortirais du cadre que je me suis fixé. Inutile de se faire des ennemis en ce si bel été !

Merci à vous tous.

Valeur du livre de mon Maestro

Bonjour,

Je vous demande de bien vouloir lire dans la « tribune des lecteurs » la lettre que je viens de recevoir d’un homme que je ne connaissais absolument pas auparavant, et qui traite de la valeur du livre de Clemente Guearti, « le chant en Italie », dont j’ai repris dans le mien les grands principes de la méthode traditionnelle italienne, exposés peut-être de manière plus chronologique car classés selon les étapes de l’apprentissage, avec des illustrations en couleurs.

Mon ouvrage, que je décris dans mon site, est sur le point d’être aussi épuisé. J’envisage l’écriture d’une deuxième édition, revue et augmentée, si j’en ai le temps et le courage.

Dès la lettre reçue, bien que je sois actuellement loin de chez moi, j’ai pris son contact téléphonique. Nous avons parlé, échangé durant près de 3/4 d’heures sur notre Maestro, sur la technique, sur le commentaire venant de celui qui depuis 10 ans, m’insulte et me diffame, ment comme il respire, car aigri et jaloux de ceux qui ont réussi leur vie, ce qui n’est pas son cas !