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Teresa BERGANZA : un monde habité par le chant

Je viens de terminer la lecture du livre, au titre ci-dessus, écrit par Olivier Bellamy sur cette magnifique mezzo-soprano d’origine espagnole qui a fait une immense carrière bien méritée, personne ne pourra le contester ! Je vous engage à le lire, malgré quelques rares exagérations, et vous comprendrez beaucoup de choses sur comment conduire une carrière et une vie consacrée à l’Art Lyrique » !

« Les compositeurs sont mes Dieux, Mozart est mon Messie » disait elle. Elle adorait et respectait les chefs d’orchestre qui l’ont soutenue, aidée dans sa carrière, avec qui il convient de « faire corps », Claudio Abbado par exemple !

Mais je désire ici rester dans mon domaine, celui de la technique pure, en citant simplement quelques unes de ses paroles, démontrant ainsi à ceux qui pourraient encore en douter, que celle que j’enseigne EST LA BONNE. Incontestablement.

Par exemple, page 35 du livre :  » …j’ai beaucoup travaillé sur le voyelles, sur l’appui du « i ». Si vous vous contentez d’émettre une vocalise sur le « a » ou le « é », la voix va au fond de la gorge. Si vous vous appuyez sur le « i » en faisant « i-a » ou bien « i-é » le son sera au bord des lèvres » (au point d’appui). « Essayez vous verrez » disait-elle ! A condition de soutenir la voix, ça s’est moi qui le rajoute !

Page 36 : « Combien de jeunes chanteurs rencontrés en Master classes avaient été mal orientés : classées mezzo alors qu’elles étaient soprano lyriques ». Cela me donne raison, une fois de plus ! Car une voix se classe d’après sa couleur et non son étendue !

Page 43 : « J’aurais bien voulu chanter Verdi mais ma voix n’était pas faite pour ce répertoire ». Encore un propos plein de sagesse, car il faut adopter et rester dans un répertoire fait pour sa voix ! Surtout ne pas faire comme Anna Netrebko qui veut maintenant chanter les rôles de soprano dramatique non écrits pour son type de voix ! Je crois que son mari, très mauvais ténor, en est responsable !

Je ne vais pas ici recopier le contenu de ce livre, qu’une fois encore je vous engage vivement à lire. Simplement relater ce qui me tient à coeur, le problème des metteurs en scène, qu’avec raison Teresa Berganza ose aborder sans langue de bois. Je la cite encore :

Page 108 : « Par réaction à une fausse tradition, à des mises en scène de patronage, un nouveau courant est venu d’Allemagne et s’est malheureusement répandu en Europe : des Traviata à bicyclette, des Tosca en bikini ! Pour se faire un nom DES METTEURS EN SCENE ONT CALQUE LEURS OBSESSIONS SEXUELLES SUR DES CHEFS-D’OEUVRE. FIDELIO dans un camp de concentration, DON CARLOS dans un bordel ou une pissotière, ce n’est pas la vérité, c’est la mode ! Ces metteurs en scène on devrait les METTRE EN PRISON. Dénaturer un chef-d’oeuvre EST UN CRIME. Qu’ils cessent de polluer l’histoire de l’Art. Rabaisser Mozart à une simple histoire de coucherie, c’est de la PROFANATION. Parfois ces tristes sires, ces faux intellectuels, ces faux artistes ne se contentent pas de travestir La Joconde en Che Guevara, ils changent même la musique ! Je me souviens d’un Cosi fan tutte à Madrid où l’on avait remplacé le coeur « Bella vita militar » par « l’internatinale ».

J’arrêterai là cet éditorial afin de vous laisser découvrir ce que je ne relate pas. Le livre est excellent.

Merci à son auteur, et surtout Merci Madame BERGANZA.