Conseils aux chanteurs

Ce que m’a appris mon professeur, l’a écrit et que je crois bon de vous dire !

Apprendre à chanter pour son plaisir, pour acquérir par exemple et de manière incontestable une meilleure santé, procure beaucoup de bonheur.

A l’encontre, vouloir en faire son métier, c’est accepter d’entrer dans un monde très particulier et même plus que cela encore, semé d »embuches et de difficultés de toutes sortes.

J’ai longtemps eu le loisir d’observer les gens de théâtre et leur fréquentation m’a beaucoup appris, même si n’étant pas entièrement des leurs, je n’ai pas eu à souffrir de tous ces aléas.

Certains ne se sont d’ailleurs pas privés de me le faire remarquer, uniquement parce que la méthode que j’enseigne est supérieure à celle qu’ils ont reçue !

Car malgré 10 années passées à apprendre quotidiennement, il faut le faire, le chant d’opéra et son enseignement, la malchance n’a pas voulu que j’essaie d’en faire mon métier, alors que c’était mon voeu le plus cher et que j’avais la voix pour.

Citant une fois de plus mon professeur, je l’ai souvent entendu dire que les artistes n’ont qu’un moment heureux dans leur vie….c’est le premier jour de leurs études…. !

….Car ils sont alors pleins d’illusions, ignorant encore que le chemin qui mène à la célébrité n’est pas toujours bordé de fleurs, mais au contraire très aride.

Aujourd’hui, il faut un peu réviser ces propos car étant donné qu’il n’existe presque plus de bons chanteurs à la voix riche et timbrée sur toute la tessiture, celui ou celle qui a la chance d’étudier avec la méthode traditionnelle italienne émergera du lot sans aucun problème et fera carrière dans les pays qui ne sont pas contre de telles voix !

Le théâtre est le reflet de la vie, le début de carrière est difficile et il faut savoir lutter, avec diplomatie et sourire, contre ceux qui sont prêts à donner toutes sortes de conseils, des professeurs inaptes et des compagnons jaloux, qui se croient plus compétents que l’artiste lui-même.

Au théâtre, l’amitié, la bienveillance et la complaisance s’achètent.

« Tout est à vendre, même le silence des coulisses« , disait une grande artiste !

Le chanteur doit passer par toutes ces condtions et surmonter plein d’épreuves, raisons indispensables pour ne pas succomber sous le poids de mille armes dirigées contre lui.

Sa carrière dépend parfois d’une seule personne à qui il sera plus ou moins sympathique, qui bien souvent ne connait rien au chant mais se croit autorisée à donner son opinion, sa position sociale faisant qu’elle est très écoutée !

Tachons de ne pas tenir compte de l’avis de tous les conseilleurs rencontrés au décours des chemins, si l’on ne veut pas voir son organe vocal, si parfait soit-il, fondre comme neige au soleil !

En cas de problème, si un doute persiste ou si une difficulté surgit, il faut prendre l’avis du seul ami que l’on a en la matière, de la seule personne autorisée à donner des conseils : son professeur !

Encore une fois : faites confiance en l’enseignement reçu…et en vous-même !

Avec une sûre technique, avec talent et intelligence, vous finirez par l’emporter !  Il ne peut pas en être autrement.

J’ai à plusieurs reprises  vanté les mérites des nouveaux chanteurs de l’Europe de l’est et aussi des pays asiatiques en voie de développement.   Ce qu’ils font avec intelligence, ouverture d’esprit, et avec une grande technique qui se rapproche au plus près de la traditionnelle italienne.

Les chanteurs venant de Corée du Sud remportent tous les concours.

Exemple : JOON HOON HEO dans Don Carlo de Verdi.

Admirez son talent d’interprète en plus de sa technique :

Le Bel Canto

Un mot sur ce qui caractérise une partie du chant italien.

Ce n’est pas une méthode en soi mais une manière d’utiliser son organe vocal qui prouve que l’on en est bien maître.

Il se caractérise par une sorte de va-et-vient que l’on applique au chant et, tout en gardant les notes bien liées entre elles, il consiste à leur donner un mouvement de crescendo et de decrescendo constant, tel le flux et le reflux des vagues au bord de la mer.

Il ne doit s’utiliser que pour les soli, car dans le reste de la partition il faut chanter « d’école », sans gaspillage de voix.

Il existe cependant un revers à la médaille : ce procédé donne l’illusion qu’un artiste a du sentiment alors qu’il est peut-être très froid ! Par contre il permet d’améliorer la voix de ceux qui ont mal appris et possèdent des « trous » dans une partie de leur registre…

Le style en général revêt un caractère primordial à mes yeux. Peut-on confondre les expressions avoir du style, au sens général du terme, et posséder un style particulier ?   L’artiste qui a bien préparé un ouvrage et s’est parfaitement pénétré de la pensée du compositeur, puis l’interprète en appliquant les règles conformes au bon goût, a du style.   De celui, par contre, qui va donner à son interprétation un cachet trop personnel le distinguant des autres artistes, on dira qu’il possède un style qui lui est propre.   C’est certainement ce dernier qui sera le plus imité par les jeunes artistes.

L’Art du chant

Il y a heureusement autre chose, dans cet Art, que les notes aigües et les morceaux de bravoure.

Sur le plan technique, ce n’est pas parce qu’un élève est apte à émettre un « si » naturel, un « contre ut », ou toutes autres notes équivallente dans les autres tessitures, qu’il doit se croire à même de dominer complètement son organe vocal et capable de vaincre toutes les difficultés.

Certaines notes ou phrases musicales, pourtant beaucoup moins hautes, présentent des difficultés bien supérieures.

Un « mi » ou un « fa » sont quelquefois plus ardus, pour un ténor, qu’un « si » naturel.   Il ne faut donc pas être étonné si ces succès dans l’aigu prédisposent les artistes au cabotinage et découragent ceux qui possèdent l’intelligence et le sens vocal !

Mais attention : je ne veux pas dire que les notes aigües sont sans importance et qu’il n’est pas agréable de les entendre. Bien au contraire ! Ce que je veux dire est que l’habilité mécanique ne suffit pas, car elle ne remplace pas les sentiments.

Dans le chant comme dans toutes choses de la vie, il ne peut y avoir de génie sans les élans et la noblesse du coeur.

Et au théâtre, il convient de produire de l’émotion.

Pour parvenir à ce résultat, il est nécessaire de se créer une personnalité à l’aide d’un travail sérieux, appliqué et approfondi, puis ensuite de l’imposer au public. Rien ne sert de vouloir imiter un chanteur en renom : soyons nous-même tout en nous laissant « emporter » par la nature du personnage incarné, cet être réel ou irréel n’existe que le temps d’une soirée.

Chers Amis lecteurs

Indépendamment d’une magnifique et incontournable méthode j’ai aussi voulu, en ces quelques pages vous transmettre, si besoin était, ma passion du chant d’opéra.   Mais je suis certain que vous tous, qui me faites l’amitié de me lire, êtes aussi des passionnés.

Soit vous êtes jeunes et vous pensez que ce que l’on peut entendre de nos jours est ce qui se fait de mieux, soit moins jeunes et vous avez peut-être une certaine nostalgie des années passées.

Heureusement les disques sont là pour témoigner d’une époque que l’on reverra à coup sûr un jour, car tout dans la vie n’est qu’éternel recommencement.

Je vous remercie tous d’avoir partagé avec moi ces quelques moments de bonheur.   Je mets à la disposition et à la portée de tous ceux qui désirent apprendre le chant de la manière la plus belle qui soit une technique qui les situera au sommet de l’Art Lyrique.

N’hésitez pas à venir me voir, à me poser des questions, à me faire part de vos désidérata etc.

Je pense enfin avoir rempli la promesse faite à mon professeur, celle faite aussi à moi-même, c’est à dire : avoir pu transmettre par le biais de ce site, par mon livre, par les cours que je donne, à ceux qui veulent faire carrière dans le chant comme à ceux qui le pratiquent comme saine distraction, une technique infaillible qui ne les trahira jamais.

Pour terminer je laisse à votre appréciation l’écoute d’une page de pur Bel Canto comme seul Bellini, l’auteur des PURITAINS, sait les écrire.   Il s’agit d’un extrait de cet opéra intitulé : « A TE O CARA » interprété par GIANNI RAIMONDI, ténor dans le rôle d’Arturo, et la divine JOAN SUTHERLAND, soprano, dans celui d’Elvira.

Un pur chef-d’oeuvre, un morceau d’anthologie, enregistrée en « live » au cours d’une soirée exceptionnelle de 1961 au « Teatro Massimo » de Palerme.

UNE DERNIERE FOIS EN CLIQUANT ICI.   J’attends vos commentaires avec impatience !   Merci, au revoir et à bientôt.