Déroulement d’une leçon de chant

Incontournable

En médecine, il est une chose essentielle que l’on nous apprend : Primum non nocere, c’est à dire : tout d’abord ne pas nuire !

Adage que l’on doit garder présent à l’esprit en permanence, qui s’applique entièrement à l‘enseignement du chant mais que malheureusement ne peuvent pas respecter tous les professeurs car leur méthode n’est pas toujours physiologique.

Donc ne pas nuire à l’élève, à son larynx, à sa santé, finalement à sa future carrière !

Je vous renvoie à l’anecdote concernant ce jeune homme de l’est de la France…

Mon ami le docteur Jean Luc Maupas, président du conseil de l’ordre des médecins a Rouen, a dit il y a peu de temps dans le bulletin de l’ordre, je cite : « Dans notre vie personnelle, même privée, nous devons « rester médecin » dans la totalité de nos actes. »

En prescrivant un traitement à mes patients j’ai toujours essayé d’appliquer ce principe, je le fais également avec mes élèves en chant.

Vous me direz que je n’ai aucun mérite, c’est vrai, car la méthode italienne respecte la physiologie et n’enrichit pas les phoniatres !

Ne pas laisser l'élève crier                                                       Crier n’est pas chanter !

Je remercie mes deux amis qui ont eu, avec beaucoup d’humour et de talent, l’idée de cette amusante photo !

Voilà maintenant comment on doit chanter, même fortissimo et pourtant sans crier, avec l’excellent ténor Veriano Luchetti

Il est le représentant par excellence de la technique italienne traditionnelle que justement je désire partager en l’enseignant.

Cliquez vite sur le lien ci-dessous, et si le chargement est parfois long ça vaut vraiment la peine d’attendre ! Merci.

Veriano Luchetti – Simon Boccanegra – Cielo pietosa rendila

Je suis sûr que comme moi vous avez aimé cet artiste et son excellente interprétation. Dans ce cas, et rien que pour le plaisir, le voici dans Macbeth :

Veriano Luchetti – Macbeth – O figli…Ah, la paterna mano

La leçon en elle-même

La durée optimale d’une leçon est une heure. Moins ne sert pas à grand chose compte tenu du temps nécessaire pour mettre en route l’élève, corriger les éventuels défauts et progresser ensuite.

Plus se révèle être fatigant, non seulement pour l’élève qui doit faire attention à de nombreux paramètres, en début d’étude surtout, les réflexes n’étant pas encore acquis, mais aussi pour le professeur si ce dernier est consciencieux et ne laisse rien « passer » en terme de défauts.

Cela facilite les choses quand le professeur lui-même est au piano le temps des vocalises. C’est même indispensable.

Par contre il devra s’entourer d’un ou d’une pianiste lorsque le ou les élèves seront à même de chanter un aria, à plus forte raison donner un concert comme ci-dessous à Agen.

On se serait cru dans l’antichambre du paradis m’a dit le Père responsable de la paroisse à la fin du concert.

Concert d'Agen

 Fréquence des leçons

Sujet difficile à aborder, délicat, qui dépend de la motivation ou tout simplement de l’emploi du temps, des disponibilités de chacun.

Il est certain que plus on travaille, mieux ça vaut, plus les cours ont lieu à une cadence régulière, plus vite les résultats seront au rendez-vous.

Avec briefing et débriefing, avant et après chaque leçon.

Je ne recommande absolument pas, au début, de travailler seul chez soi entre deux cours, car l’élève ne pouvant pas encore contrôler sa voix, il va emmagasiner une somme de défauts dont il ne pourra pas se rendre compte.

Ce sera une perte de temps pour tous les deux lors de la leçon suivante, c’est évident. Et qui va l’accompagner, car si en plus il doit le faire lui-même….

Aida à Verone

  Deux photos du spectacle d’Aida de Verdi aux arènes de Vérone : absolument GRANDIOSE !

Aida aux arène Vérone

Vocaliser

On peut en donner la définition suivante : c’est émettre vocalement une suite de sons dans le but de placer la voix. Sous le contrôle du professeur.

Cela doit se faire à l’aide de quelques vocalises, peu nombreuses mais bien choisies, en utilisant au début la voyelle « i » (et surtout pas « o » ou bien « ou »).

Il convient de proscrire l’usage du recueil appelé « Le Vaccai » qui ne place absolument pas la voix. Cette méthode, apparue en 1833, écrite par Nicola Vaccai (1790-1848) ne peut pas, par sa date de parution et la nature même de son contenu, prétendre être adaptée à la formation d’élèves destinés à chanter les ouvrages dits de « Bel canto » et encore moins ceux de Verdi et tous les autres.

Placer la voix est faire en sorte que les sons émis soient « musicaux« , c’est à dire riches en harmoniques,  pouvant de la sorte remplir la salle jusqu’au dernier rang des spectateurs et passer par « dessus l’orchestre » sans qu’il soit utile de mettre des plafonds acoustiques réverbérants comme à l’opéra d’Amsterdam et ailleurs, ou amplifier la salle grâce aux progrès de l’électronique comme à l’opéra Bastille.

Pour ce faire, les sons devront se projeter au « point d’appui » (voir le chapitre suivant) avant d’aller remplir la salle de spectacle.

Certains prétendent enseigner par l’exemple, le fameux « faites comme moi », sans être capable d’expliquer comment faire. Et si en plus c’est mal : mon Dieu…! Ridicule !

Une fois sa voix en place, l’élève pourra aborder l’apprentissage des airs d’opéra, ce passage n’étant que l’application de ce qu’il a intégré lors de la phase technique. Il aura confiance en cette dernière et pourra toujours compter sur elle, même si certains jours il n’est pas très en forme.

Reste une autre difficulté majeure : celle de l’interprétation des airs en question. Mais ce problème sera fonction des qualités artistiques de l’élève, des MasterClass d’interprétation auxquelles il aura assisté, de l’exemple donné par des grands artistes à la valeur incontestable.

Mais il n’est pas possible de vaincre les difficultés rencontrées dans les ouvrages si on ne possède pas la technique correspondante.

C’est la logique même et du domaine du bon sens le plus élémentaire.

Quand un professeur ne sait pas comment faire pour que son élève émette des sons riches en harmoniques, il lui demande de passer en voix « de tête » appelée encore voix de fausset. Ou bien il se contente de lui faire chanter des mélodies ou des arias extraits d’opéras dont je ne citerai pas les noms, qui ne dépassent pas le « la bémol » aigu pour un ténor par exemple.

Vous croyez qu’un pianiste virtuose acceptera de jouer sur un mauvais piano ?

Alors pourquoi devrait-on accepter de chanter avec un larynx mal formé ?

Ou bien encore on transpose plus bas, on escamote les aigus et les notes difficiles, et la voix est aussi pleine de « trous »… Magnifique !!!

Autre action ridicule en ce qui concerne le ténor : on lui arrondit plus ou moins sa voix afin qu’elle ressemble à celle d’un baryton et le tour est joué : nous voilà en présence d’un « baryton Martin », c’est à dire d’un ténor à voix courte comme l’était Jean-Blaise MARTIN qui se servait ensuite de la voix de fausset jusqu’au si naturel aigu !

Et je ne parle pas des « barytons-basses », comme si on pouvait être à la fois baryton et basse ! C’est la négation même de toute musicalité !

Et on veut prétendre faire une carrière internationale avec çà, on veut aussi prétendre chanter les oeuvres de DONIZETTI, BELLINI, VERDI, PUCCINI etc. etc. ?

C’est à dire faire l’impasse sur presque tous les compositeurs du 19ème siècle, et ceux du 20ème . Rien que çà !!!

Voilà pourquoi l’opéra se meurt, Mesdames et Messieurs !

Pour connaître la nature des vocalises, les voyelles à utiliser, je vous renvoie à mon livre qui l’explique avec force détails. Sachez seulement que c’est la voyelle « i » qui en premier lieu placera votre voix et en aucun cas « o », « ou ».

Et encore une fois, je suis à votre disposition pour tout vous expliquer. Gratuitement ! Merci.

Les élèves

J’ai choisi, en accord avec les élèves, de ne pas mettre leurs photos sur ce site, sauf des clichés pris durant des concerts.

S’il est flatteur de mettre en ligne leur portrait, celà peut aussi posséder un coté négatif, voire génant.

Avec le temps, les élèves viennent de tous horizons, à des fréquences plus ou moins rapprochées. Certains sont de ma région, d’autres n’hésitent pas à faire un long voyage pour travailler avec moi, et même déménagent pour se rapprocher.

Les motivations sont souvent grandes, c’est ce que je recherche, l’assiduité va de pair.

Beaucoup d’anciens élèves qui croyaient que l’on pouvait apprendre à chanter en 6 mois se sont eux-mêmes exclus de mon enseignement et c’est tant mieux.

Au début de mon enseignement j’acceptais tous ceux qui disaient vouloir apprendre à chanter. Mais maintenant je n’accepte que ceux rééllement motivés.

Car je ne veux pas faire concurrence à la Star-académie ni créer ce que l’on pourrait appeler l’Opéra-académie !

Je laisse celà aux marchands d’illusions, à ceux qui jouent scandaleusement et de manière démagogique avec les jeunes, incrédules, à qui on veut faire croire que tout leur est possible, et que des chanteurs comme ceux d’aujourd’hui il n’y en a jamais eu de meilleurs dans les décennies passées !

Mario LANZA

Merci d’écouter quelques grands airs du répertoire de ténor interprétés par ce grand artiste à la destinée malheureuse :

Leoncavallo La Bohème Lanza Testa Adorata   L’autre « Bohème » que celle de Puccini

Lanza Martha – M’Apparì, Tutt’ Amor    Rarement chanté de nos jours

Lanza Cilea_ L’Arlesiana – Lamento Di Federico   Peu chanté également

16 Mario Lanza Otello – Dio Ti Giocondi   Magnifiquement interprété avec Licia Albanèse comme partenaire. Document rare. Merci de patienter le temps du téléchargement.

Richard TUCKER

Excellente video datant de 1964 de ce grand ténor américain né en 1913 à New-York, ténor du Metropolitan durant 30 ans. Débuta à Vérone en 1947 en même temps que Maria Callas dans La Gioconda.

Richard Tucker 1964 – Nessun Dorma, The Sweetest Sounds, You’ll Never Walk Alone

Grand interprête de « La Juive » de Halévy : « Rachel quand du seigneur »