La méthode traditionnelle italienne

Disons le franchement…

Dans le domaine du chant d’opéra, le mot italien revêt quelque chose de magique. A tel point que nous pouvons entendre ici ou là beaucoup de professeurs revendiquer  l’utilisation de cette méthode au cours de leur enseignement, dans le seul but d’attirer vers eux beaucoup d’élèves.

Sans préciser qu’elles ont été les bases de leur formation : où, quand, comment ? Si pour certains d’entre eux la chose est possible, pour d’autres cela relève de la plus pure fantaisie. Je crois qu’il est très honnête d’avoir apporté cette précision.

 Le Larynx

Un son musical ne peut être produit que par un instrument de grande qualité. Le larynx, à l’origine de la phonation et de la production des sons doit être rendu apte à remplir ce rôle. C’est le placement de la voix.

« L’instrument laryngé » sera ainsi créé, et en même temps l’élève apprendra à s’en servir.

differents-etages-du-larynx           Larynx-Phonation

 Plus que d’autres organes constituant le corps humain, il est plus ou moins fragile et soumis aux aléas de la santé.

Composé essentiellement de cartilages, de muscles et autres éléments tendineux, il ne supporte pas d’être malmené. A ne pas confondre avec surmené, car chanter souvent avec une saine technique ne fatigue absolument pas le larynx !

Un instrument de musique peut se réparer s’il se trouve être endommagé. Au pire il est toujours possible de s’en procurer un de rechange. Concernant l’organe vocal, dans la majorité des cas, les dégâts sont irrécupérables.

D’où la nécessité de  bien le former car il va devenir l’outil de travail du chanteur professionnel, le dispensant d’être trop souvent et inutilement au téléphone avec son phoniâtre.

Une mauvaise émission peut être modifiée, retravaillée, améliorée. Les nodules, polypes et autres laryngites chroniques, témoins d’un forçage de la voix, rendront le chanteur inapte au métier auquel il s’était destiné.

Je veux donc, d’ores et déjà, attirer votre attention sur les risques trop fréquemment encourus par l’utilisation d’une technique défectueuse qui ne respecte pas la physiologie du larynx.

Fort heureusement les cancers ne sont pas au premier plan ; encore convient-il de ne pas négliger les laryngites chroniques en ce domaine.

Mais les nodules et polypes, hélas eux très fréquents, sont réellement et uniquement le fruit d’une technique inappropriée. Une fois encore : rien à voir avec le fait de chanter souvent comme on veut le faire croire au public crédule !!!

Nous travaillerons donc sans forcer la nature, sans malmener l’organisme, respectant qui plus est les lois de l’acoustique.

D’où la pensée de St-Exupery que j’ai mise au bas de la bannière de ce site, de votre site !

Dans les pages qui vont suivre je vais décrire le mieux possible ce qu’est cette méthode, tout en disant que pour l’apprendre il faut la ressentir en l’incorporant en soi, donc il faut avoir travaillé avec un professeur qui la connaisse.

C’est là que réside la difficulté : trouver un professeur qui la connaisse réellement, et non pas qui dit la connaître et l’enseigner !!!

Remarque importante : Vous entendrez dire parfois par d’excellents mélomanes que la technique n’a pas d’importance pourvu que les qualités artistiques d’un chanteur soient au rendez-vous et plaisent à l’auditeur ou au spectateur. Ce à quoi je répondrai qu’il faut posséder les deux.

Oui mais le larynx n’est pas un instrument de musique fait de bois et de métal, il l’est de cartilages et de muscles.

Qui sera la victime d’un mauvais apprentissage, d’un mauvais enseignement technique, bref d’un mauvais professeur : l’élève, le futur chanteur qui lui aura fait confiance, mis sa carrière et sa destinée entre ses mains, qui devra inévitablement abandonner ce métier.

Il inventera un quelconque prétexte : allergie, douleurs rhumatismales, crise de ce que vous voudrez pour expliquer au public naïf son éloignement de la scène, alors que le seul responsable est le professeur, la technique déplorable qu’il aura reçue !

Former des élèves est une responsabilité ; on ne le dira jamais assez ! Comme former des médecins, des chirurgiens, des avocats etc.

Giuseppe VERDI

Ci-dessous la pancarte, dans son village natal, où il est écrit qu’il est et sera toujours un paysan de Roncole.

Verdi paysan de Roncole Maison natale Verdi avec Dominique

 Sa maison natale, à Roncole, près de Busseto, avec mon épouse Dominique sur le seuil de la porte !

Ci-dessous : entrée de sa villa à San AGATA

Devant la Villa Verdi - San Agata Casa Barezzi - le piano de Verdi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Son piano, dans sa propre chambre où il dormait seul, afin de pouvoir se lever sans réveiller sa femme pour écrire immédiatement la phrase musicale à laquelle il venait de penser en dormant plus ou moins.

Qualité des sons émis

Ce qui fait, à juste raison, la supériorité de la technique italienne est que s’appuyant sur l’anatomie et la physiologie humaine, elle les respecte toutes deux.

On ne le sait pas obligatoirement : les grands compositeurs français et italiens de l’époque savaient écrire en fonction des possibilités du larynx, veillant au respect de cette anatomie et de cette physiologie !

C’est le cas de Giuseppe VERDI entre autres, (cliquer sans faute sur son nom, ce qui conduit vers un site extraordinaire), mais pas celui des compositeurs d’opéra contemporains !

Important. il faut bien s’imprégner de ce qui suit :

Nous savons que ce qui caractérise un son est défini par son intensité, sa hauteur, son timbre.

C’est ce dernier aspect qui nous intéresse ici ; le timbre est déterminé par la présence,  le nombre des harmoniques et leur intensité (son émis simultanément avec le son fondamental et dont la fréquence est un multiple entier de celle de ce dernier).

La présence des harmoniques et leur relation de phase sont particulièrement importantes au moment des variations de niveau d’un son. L’oreille humaine est sensible au nombre et aux intensités des harmoniques d’un son émis en régime continu.

Nous comprenons maintenant pourquoi une même note jouée par deux instruments différents ne sonne pas de la même manière, ni cette même note émise par un ténor, un baryton, une soprano etc. Réfléchissez à cela SVP !

Ce qui exclut définitivement le « baryton-basse » qui en réalité n’existe pas !

L’agencement des diverses harmoniques et leur puissance les unes par rapport aux autres explique donc qu’une même note chantée par des voix différentes ne sonne pas de la même façon. C’est cet agencement harmonique qui définit, je le redis encore, le timbre.

Cette notion importante, à la base de la classification des voix, sera traitée dans la page correspondante.

Autre aspect essentiel

La pratique de cette méthode va permettre la coordination bénéfique du cortex cérébral qui donne les ordres avec l’organisme qui les reçoit, ici le larynx. A ce sujet, j’expliquerai dans le chapitre sur le soutien de la voix, le rôle essentiel du nerf pneumogastrique et de sa branche le nerf récurrent.

Elle fait travailler aussi les muscles abdominaux, obligeant le chanteur à bien se tenir droit, elle développe la cage thoracique augmentant ainsi la capacité vitale et donnant l’endurance nécessaire, améliorant la fonction cardiaque et la circulation sanguine dans son ensemble.

Au niveau cérébral elle va favoriser la rééducation de la sphère auditive chez ceux qui ont des difficultés à reproduire avec exactitude la note qu’ils viennent d’entendre.

Chez les enfants comme chez les adultes, ce problème est, de manière tout à fait surprenante, très fréquent.

Enfin, elle facilite la vie de tous ceux dont le métier est de parler : professeurs, conférenciers, présentateurs de radio et de télévision, grâce également au soutien de la voix et le parler avec « la posizione alta ».

Le chant bien pratiqué est donc profitable à tous ceux, professionnels ou amateurs, jeunes ou plus âgés, qui s’y adonnent.

Je pense que là se trouve la raison d’être de l’existence des nombreuses chorales. Tout le monde aime chanter, c’est superflu de le dire. Mais sachons bien que l’on ne chante pas parce que l’on est heureux, mais que l’on est heureux parce que l’on chante !

La technique de chant traditionnelle italienne permet au larynx, instrument de musique vocal, de moduler sa forme afin de s’adapter à la hauteur de la note à émettre, à sa fréquence sonore. A l’instar de n’importe quel autre instrument dont on modifie la forme ou la longueur afin que les sons émis soient plus ou moins graves, plus ou moins aigus.

Cette technique est connue sous le nom d’abaissement du larynx.

Mais attention :

il existe des différences importantes, à connaître :

- Mario del Monaco chantait avec le larynx abaissé au maximum sur toute l’étendue de sa voix. C’est un cas à part et il ne faut surtout pas chercher à l’imiter, lui même d’ailleurs le disait.

- Franco Corelli, le grand baryton Carlo Tagliabue, entre autres artistes, étaient en plein dans le vrai, car ils faisaient varier l’abaissement du larynx en fonction de la hauteur de la note à émettre. Rassurez-vous, ne soyez pas effrayés, cela se fait sous le seul contrôle de la volonté quand tout est bien « en ordre, » et en 1/10è de seconde !

Ce qui est très logique, car tous les instruments de musique changent de forme selon la hauteur des sons.

La technique enseignée par le Maestro Guearti, que j’enseigne à mon tour, est celle des chanteurs de l’âge d’or de l’opéra. Tout ce qui précède : ils l’appliquaient !

Avec pour tous, au départ, l’utilisation des connexions neuronales au niveau du cortex et la transmission des « ordres » en provenance de ce cortex, à destination du larynx, par l’intermédiaire du nerf pneumogastrique (appelé aussi « nerf vague » d’où vient le nom de malaise vagal !)

La « Posizione alta »

C’est la chose la plus difficile, sinon impossible à expliquer avec des mots simples. C’est ce qui donne, conjointement avec la ligne de chant, le relief, l’envolée lyrique, comme un vernis supplémentaire à la voix.

Mais il faut savoir comment l’obtenir ! A vrai dire, cette position se ressent, et quand on applique très exactement notre méthode, on se trouve automatiquement dans la « posizione alta ». C’est la conséquence de l’application de notre méthode. Tous mes élèves finissent par la ressentir après un certain nombre de leçons. Les auditeurs le remarquent, moi je le ressens aussi, sans chanter, en même temps que les élèves dès qu’ils l’ont acquis !

C’est ce que j’enseigne et démontre, car mon professeur Clemente Guearti me l’a enseignée, la pratiquant lui-même bien avant Melocchi, professeur de Del Monaco.

Il est donc important de noter que je forme mes élèves selon la technique utilisée par Mario del Monaco, Corelli surtout, ainsi que tous les grands chanteurs de « l’âge d’or de l’opéra » pour ce qui est de l’abaissement du larynx. C’est le top du top mes amis !

En résumé, il faut absolument bien comprendre que le larynx doit être considéré comme un instrument de musique obéissant aux mêmes lois que tous les autres instruments.

Je n’entre pas davantage dans les détails, car il faut travailler sa voix selon cette technique pour bien la comprendre et l’assimiler.

Je suis à la disposition de toutes celles et ceux que cela intéresse, en rappelant qu’il est impossible de chanter au top niveau sans cela. Incontournable !

Carlo BERGONZI

Je tiens à rendre hommage à cet excellent ténor aux immenses qualités vocales qui a fêté en l’année 2004, quand j’étais chez lui, ses 80 ans. Il est décédé le 25 juillet 2014 à Milan, à l’âge de 90 ans donc !

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J’ai eu la chance de l’entendre chanter de manière admirable le rôle du roi Gustave III de Suède, du Bal Masqué, aux arènes de Vérone.

Né le 13 juillet 1924 à Vidalenzo près de Parma, il commença l’apprentissage du chant dès l’âge de 14 ans.

Je suppose que sa voix n’avait pas fini de muer car son professeur de l’époque ainsi que ceux du Conservatoire Arrigo Boito à Parma le classèrent curieusement baryton., ce qui constitue une faute inexcusable !

Effectivement il fit ses débuts dans le rôle de Schaunard de La Bohème de Puccini en 1947 à l’âge de 23 ans. Sa voix devait beaucoup manquer d’ampleur !!!

Ses véritables débuts comme ténor, sa véritable voix, eurent lieu en 1951 dans le rôle titre d’André Chénier de Umberto Giordano, bien qu’il était ténor lyrique et non « spinto » comme d’après moi le rôle le demande ! Pour de plus être l’égal de la soprano qui demande à être dramatique.

Cliquez ci-dessous :

Deux ans plus tard c’est la Scala qui l’engage, puis Londres, Chicago et le Métropolitan de New-York.

Durant toute sa carrière on a pu noter la richesse de son timbre et l’inégalable fraîcheur de sa voix.. Il fut aussi admiré pour la beauté de son legato et de son phrasé. Il démontre qu’avec une saine méthode il est permis de chanter jusqu’à un âge avancé !

Il a fondé « l’Academia Verdiana » qui a pour vocation de former de futurs talents. Il a créé un hôtel restaurant à Busseto, la ville de Verdi, son compositeur préféré, tenu par ses deux fils. C’est pourquoi cette auberge s’appelle : « I due Foscari ». J’ai eu le plaisir d’y habiter à l’été 2004.

Façade hotel de Bergonzi

Ci-contre la photo de l’entrée de l’Auberge, au-dessous le petit déjeuner pris tôt le matin.

Sur la photo : mon épouse Dominique. Ne demandez pas à loger dans la chambre n°5, c’était celle du Maestro !

Petit déjeuner en l'hotel Bergonzi

Carlo Bergonzi etait un excellent artiste mais un enseignant pas du tout apte à former un débutant. Pour diriger une MasterClass axée sur l’interprétation, ses qualités sont incomparables.